site
Image de profil de Administrateur
ADMINISTRATEUR Administrateur
Ne le : 14/08/1955

SAINT-ETIENNE, UN NOEL NOIR!

Derniere edition le : 10/12/2014

 

La critique est aisée, l’art est difficile.

Mais, en cette fin d’année 2014, l’art n’est pas dans les rues de Sainté et c’est une voie royale avec tapis rouge qui s’ouvre à la critique.

 

Comme beaucoup de stéphanois j’étais impatient de découvrir les décorations de rues « façon nouvelle municipalité ». Les illuminations de la précédente équipe dirigeante étaient d’une rare médiocrité et suscitaient de nombreux mécontentements. Perdu !

 

Le cru 2014, orchestré par un élu qui n’a pas compris grand-chose aux attentes des populations de l’agglomération et des forces économiques de la ville, décroche la 1ere marche du podium dans la catégorie « plus nul n’est pas possible ».

Record à battre.

 

Venant de l’ouest stéphanois:

A l’exception de quelques serpentins épars, enroulés autour de quelques poteaux d’éclairage, aucun signal fort n’accueille le visiteur à l’entrée de la ville. Cheminant jusqu’à la place de l’hôtel de ville via la comédie (eh oui il faut toujours faire le double ou le triple de kilomètres pour se rendre dans l’hyper centre), puis les Ursules, le cours Victor Hugo, il faut patienter jusqu’à la rue Michelet pour apercevoir une maigre décoration lumineuse. Au bas de cette rue, c’est la misère. La très vilaine place du peuple aurait trouvé avantage à être parée de milles couleurs ; encore perdu ! Elle est aussi moche que les autres jours de l’année ; sauf que, la nuit et le mauvais temps aidant, elle provoque des angoisses ; elle donne des envies de pleurer. Triste spectacle.

 

De cette place fantôme, il suffit de tourner la tête à gauche puis à droite pour s’apercevoir que la grande rue, pourtant symbole de la ville, a été, elle aussi, laissée pour compte. Pas un lumignon, pas une guirlande…rien ; du noir.

 

A proximité de la place du peuple, la rue Alsace lorraine piétonne et commerçante s’il en est, a été totalement négligée. Le vide et le noir. Tout au plus peut-on se féliciter de l’initiative d’un ou deux commerçants de l’impasse Sainte Catherine qui n’ont pas lésiné pour décorer, au niveau de leurs commerces, le plafond de la traboule. Bravo. Vous mériteriez une médaille pour cette exceptionnelle participation.

 

Car, à la décharge de la municipalité, il faut dire avec une certaine véhémence que la presque totalité des commerçants stéphanois n’a fait aucun effort pour participer à la décoration de Noël. Les deux bijouteries de l’avenue de la Libération ont déployé les grands moyens, comme chaque année, pour apporter leur pierre aux festivités de fin d’année. Les autres boutiques à avoir fait un minimum d’effort sont très rares et doivent probablement se compter sur les doigts de la main. Triste et misérable. Cette occasion est pourtant idéale pour valoriser l’image de son enseigne, de sa rue….

Ou est ce temps ou chaque commerce mettait un point d’honneur à décorer ses vitrines et ou, tous ensemble, ils rivalisaient d’ingéniosité pour attirer le regard émerveillé du chaland ? Qui ne se souvient des nombreux automates que les familles prenaient un plaisir certain à contempler, les yeux grands ouverts d’admiration. La magie s’opérait.

 

Mais revenons à notre balade nocturne dans le dédale des rues de Sainté.

De la place du peuple, les sens de circulation débiles obligent l’automobiliste à remonter l’avenue de la Libération pour rejoindre la place de la Mairie. Encore la déception. Quelques misérables serpentins passablement lumineux. Même l’office de tourisme, pourtant pierre angulaire pour l’image du bassin stéphanois, est éteint comme une friche.

A l’image de sa décoration pitoyable lors du passage du tour de France cycliste, l’office n’assume pas son rôle de porte étendard. Comment est-ce possible ?

 

La place Jean Moulin est au diapason du reste. Deux squelettes d’arbres supportent une maigre guirlande.

 

Après, plus rien jusqu’à la rue de la République. Bizarrement, cette rue qui ne vaut plus un clou pour le commerce, est normalement illuminée. Va savoir pourquoi ! Peut-être parce que la municipalité qui a conscience de l’atonie de la rue a souhaité faire illusion….

 

En bas de cette rue commercialement moribonde, à droite la rue Louis Braille à gauche la place Dorian.

Alors que le premier tronçon de cette rue est commercialement très actif grâce, notamment, au dynamisme du Président de la Fascaps (La Fédération des Associations Stéphanoises de Commerçants, Artisans et Prestataires de Services) et celui de ses amis, la rue Louis Braille est dotée d’une seule pendeloque éclairée. Ouf !

La très vilaine nouvelle place Dorain, à l’instar de la place du Peuple, est, elle aussi, laissée à l’abandon. Sa réfection catastrophe a pourtant coûté « un bras » aux contribuables. Mais il faut croire que l’intérêt de ce chef d’œuvre, Ô combien casse gueule pour le piéton, ne méritait pas le lifting qui lui a été fait puisqu’elle a été sautée à pieds joints par le grand architecte municipal chargé de mettre la ville en valeur.

 

Arrive enfin la place de l’Hôtel de Ville. Poudre aux yeux et tape à l’œil à revendre, comme si Sainté était réduite à cette place centrale.

Mais, hors un ours probablement polaire qui prend un bain de siège sur le crachoir des SDF, l’ensemble est plutôt heureux. En fait la bonne idée réside dans « le plafond de guirlandes lumineuses » qui a été mis en place. Il ferme l’espace et confère au village de cabanes un aspect plus « intime ».

Un bon point donc, mais ce sera le seul.

 

Car en poursuivant ce périple nocturne on retombe très vite dans le néant. Si, d’un côté de la Mairie un effort a été fait rue gérentet, de l’autre côté la rue Wilson est à l’image des 7 kms de grand-rue : éteinte. Inutile de parler des commerces sous arcades, les commerçants n’ont pas sorti un euro de leurs poches pour participer à la création d’une ambiance de fêtes. La municipalité non plus. C’est moche.

 

Petit chemin faisant, on arrive sur la place Marengo puis sur la place Jean Jaurès.

 

Misère, la place Marengo ressemble à Waterloo morne plaine. Ne manquent que les corbeaux et leurs croassements lugubres. A sa droite, la rue Balaÿ est inévitablement laissée à son triste sort de rue morte et bien morte.

 

En face, la place Jean Jaurès ne tient pas ses promesses.

 

Un sapin qui, dit-on, a été sélectionné dans le Pilat par un adjoint en personne, aurait pu donner une véritable dimension à la décoration de la place s’il avait été deux fois plus haut. Malheureusement il est de taille très moyenne ; il est installé dans un coin, à proximité d'une sculpture de Belmondo père; il disparait dans ce grand espace et ne laissera aucun souvenir particulier à celles et ceux qui seront passés à son pied.

Le reste est banal, y compris une patinoire annoncée comme un évènement alors que c’est du déjà vu à Sainté.

 

 

Tout le reste ? Non ! Car à l’autre bout de la place, à l’Ouest, trône une « grande folle » tout droit sortie de chez Michou, le célèbre cabaret de transformistes. Dans l’ultra médiocrité, c’est la cerise sur le cadeau de ces décorations de Noël, le clou du spectacle. Pensez, à l’ instant où je la découvre, la cathédrale de Saint-Etienne est décorée d’une projection de jeu de lumières qui lui attribue « des bas » roses bonbon et un « haut » fait de pois vert pale. C’est d’un goût ! Ca me rappelle la chanson de Dorothée « …et des chaussettes rouges et jaunes à p’tits pois ». Un coup pour que l’Evêque nous fasse un grave ulcère à l’estomac.

 

A avoir voulu plagier très petitement sa grande sœur lyonnaise, Saint-Etienne a plongé dans le grotesque, le mauvais goût et la vulgarité.

 

Le Père Noel lui-même oblige le badaud à sortir une poignée d’euros pour montrer les poils de sa barbe blanche. Un comble. Noël ne serait-il pas aussi la fête des enfants avant d’être celle des tiroirs caisse? Ou sont passés le rêve, l’imaginaire.. ?

 

Retour à la voiture pour faire un dernier tour de ville et confirmer définitivement ce constat de décoration sabotée.

 

La place Carnot a été traitée comme ses sœurs, avec mépris. La rue Charles de Gaulle s’est parée en son milieu de lanternes rouges faisant penser à une piste d’atterrissage ou, pis, à la signalétique d’autant de boxons qu’il y a de lumignons. Dieu merci, les boxons n’ont pas été installés.

 

Même la Cité du design, pourtant nouveau fer de lance de l’image de Sainté, dort dans un noir profond à l’abri des tristes silhouettes des platanes. La cour d’honneur de « la grande Manu » a été oubliée.

 

Jusqu’à La Terrasse, c’est encore le noir.

 

Il en est de même pour les entrées Est et Sud de la ville. Spectacle de désolation alors que tout devrait être joie et permettre d’aborder les fêtes de fin d’année avec détermination et un réel optimisme.

 

Je ne sais pas si Saint-Etienne alias Armeville est jugée à raison comme étant la ville des taudis, mais en cette fin d’année 2014 elle est triste et moche. C’est immensément regrettable.

 

Il n'y a pas encore de commentaires pour cet article


Vous devez etre identifie pour pouvoir poster un commentaire
Nom d'utilisateur :
(email pour les auteurs)
Mot de passe :
Mot de passe oublie