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ADMINISTRATEUR Administrateur
Ne le : 14/08/1955

ON ENFUME BIEN LES ABEILLES

Derniere edition le : 31/01/2015

 

Pourquoi les apiculteurs enfument-ils les ruches ?

 

Pour les calmer. La fumée masque les phéromones d’alerte que les abeilles sécrètent pour répondre à une agression, l’ouverture de la ruche par exemple. Ce sont les gardiennes, des ouvrières spécialisées qui se précipitent en premier pour empêcher l’intrusion. Elles sortent leur dard, ce qui stimule leurs glandes à venin. C’est l’odeur du venin qui donne l’alarme. La fumée ne doit pas être chaude, ni trop dense, ni trop légère, au risque d’être inefficace, voire de produire l’effet inverse et déclencher une attaque.

 

Si l’on transpose la vie de la ruche à la vie de la cité on obtient facilement les équivalences suivantes :

 

Pourquoi les décideurs enfument-ils les citoyens de la cité ?

 

Pour les calmer. La fumée masque les tensions, les mécontentements, la naissance de contestations que les citoyens murissent pour répondre à une agression, des mesures impopulaires par exemple. Ce sont les organisations syndicales ou associatives ou politiques (opposition), des structures spécialisées qui se précipitent en premier pour empêcher la mise en place de telle ou telle mesure. Elles sortent leurs étendards (CGT…Associations de consommateurs….. FN…), ce qui stimule leurs discours virulents et contestataires. C’est l’odeur de la contestation qui donne l’alarme au peuple. L’attitude de « l’enfumeur » ne doit pas être chaude, ni trop dense, ni trop légère, au risque d’être inefficace, voire de produire l’effet inverse et déclencher des mouvements sociaux.

 

Dans la Loire, qui sont aujourd’hui les apiculteurs/enfumeurs?

 

Ce ne sont certainement pas les dirigeants des principales entreprises ou les syndicats professionnels de la sphère haute (Medef, CGPME…) ; ils ont autre chose à faire et préfèrent actionner les ficèles des élus pour qu’ils conduisent « leurs intentions » à leur place.

Ce ne sont certainement pas les communautés religieuses ; elles n’auraient aucun intérêt à être les « enfumeuses » des citoyens d’une cité ou toutes les tendances cultuelles s’expriment. Ce serait prendre le risque de provoquer des évènements très graves. Encore que !

 

Ne restent que les élus municipaux ou départementaux.

 

En général, hors le dialogue minimum qu’ils sont contraints d’entretenir avec leurs concitoyens, ils ont décidé de rester dans l’ombre. Peut-être n’ont-ils simplement rien à dire… ?

D’autres, plus impétueux ou plus ambitieux ou plus égocentriques, se manifestent à la cantonade (souvent en dehors de leurs limites territoriales). Il en est ainsi de Bonson, Feurs, Firminy, Rive de Gier, Roanne, Roche la Moliere, Saint-Chamond, , Unieux…..Pas d’enfumage. Ces élus veulent simplement rester présents dans le paysage politique, qu’on ne les oublie pas.

Cependant et curieusement, ses communicants politiques du 21e.s sont soupçonnés d’être pressentis par leurs pairs pour assumer des fonctions électives plus importantes au fil des prochaines élections.

 

 

A noter que conseillers généraux, députés et sénateurs se gardent bien de monter au créneau. Tout au plus, Dino Ciniéri député et président départemental de l’UMP se manifeste-t-il sur la pointe des pieds, plus par les photos (il a la chance que son siège à l’assemblée se trouve derrière le micro des intervenants de son groupe ; il est ainsi dans le champ visuel de toutes les prises de parole) que par les mots. Aucune prise de réelle position. Pas d’enfumage délibéré ou si peu.

 

Et à Saint-Etienne ?

 

Les « enfumeurs » ne sont certainement pas les élus de l’opposition ou les candidats en lice aux dernières élections municipales ; ils s’apparentent davantage au peuple des enfumés. Malheureusement pour leurs sympathisants, ils sont en hibernation. Mieux, ils ont sombré dans une profonde et inexplicable léthargie qui pourrait facilement se confondre avec un incroyable je-m’en-foutisme. Jugez :

 

Mr Gilles Rossary Lenglet (candidat un temps), le faux Bayard du cirque : disparu

 

Mr Hubert Patural : en fuite à l’étranger. A défaut d’avoir digéré la pilule, se la fait bronzer en Espagne.

 

Mr Olivier Longeon : Depuis les élections, a passé son temps à se substituer aux chefs de gare SNCF en annonçant les retards, les accidents, les mouvements de grèves, les pannes machines…des trains sur la ligne Saint-Etienne/Lyon. (#‎TerFiSeLy la composition du ‪#‎TER 8h 03 Bellevue : 2 wagons au lieu de 6 ... Voyageurs debout dès le départ)

 

Mr Belkacem Merahi : disparu

 

Mr Gabriel de Peyrecave : Lui aussi marmotte. Ses leaders (départemental et national) n’ont rien à dire alors lui non plus. Ça s’appelle avoir de la personnalité ou encore « la dimension » d’une candidature (réf : prochaines élections départementales)

 

Mr Romain Brossard : disparu. Ce qui en l’état parait justifié lorsque l’on considère, aujourd’hui, la représentativité et le poids politique de Lutte Ouvrière.

 

Mr Maurice Vincent (accessoirement Mr Pigeon) et ses amis PCF-PRG-E&D :

Si l’ancien Maire de Saint-E montre quelquefois, parcimonieusement, le bout de son nez, il ne joue pas son rôle d’opposant. Il semble avoir choisi le « parti de l’autruche » à la place du Parti socialiste. Quant aux partis colistiers à sa candidature aux municipales, force est de reconnaitre qu’ils brillent eux aussi par leur magistrale absence. La gauche semble morte. Elle l’est peut-être.

 

A Saint-Etienne la palme de l’enfumage revient à Monsieur Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole.

 

Durant la campagne électorale qu’il a conduite en compagnie permanente de Gilles Artigues, histoire de camoufler aux citoyens les dissensions qui les opposaient et les opposent probablement toujours, Monsieur Perdriau, en bon candidat politique, avec « sourire bis » de circonstance, a distribué des promesses à qui mieux mieux, à qui voulaient les entendre et fait des salamalecs en abondance au peuple issu de l’immigration:

Associations de commerçants, associations de quartier, communautés ethniques et religieuses, forces économiques du bas de la sphère……amis et relations. Il a enfumé les électeurs mais cet enfumage n’est pas critiquable puisqu’il s’inscrit dans la –contestable- logique d’une campagne électorale. On ne peut que le féliciter pour l’efficacité de sa démarche généreuse mais lourdement chargée en bluff.

 

Le problème est que, pour confirmer ses dispositions à faire plaisir à tous, il a été contraint de proposer aux électeurs une profession de foi, un programme, regroupant pas moins de 200 propositions, 200 engagements pour la seule ville de Saint-Etienne (irréalisables pour beaucoup d’esprits affutés).

 

Quid des promesses vraies ou fausses prises devant l’assemblée de Saint-Etienne Métropole ? C’est encore autre chose puisque les enfumés ne seraient plus les citoyens mais des élus (des enfumeurs qui deviendraient alors des enfumés)

 

Au lendemain de son élection en tant que 1er magistrat de la ville, Monsieur Gaël Perdriau et son conseil se sont retrouvés face à ces 200 engagements à gérer pour ne pas décevoir les 28% de stéphanois (inscrits sur les listes électorales) qui se sont exprimés en leur faveur.

 

Là a commencé l’enfumage, le vrai, le dur, celui qui est distribué en poudre aux yeux comme Nounours distribuait son sable pour endormir les petits enfants.

 

Si une certaine presse complaisante reconnait à Monsieur Gaël Perdriau des dons de communicant (ses origines EDF obligeraient – Et Dieu sait si EDF est championne pour enfumer les consommateurs), d’aucuns trouvent que les interventions presque quotidienne de Monsieur Perdriau sur les réseaux sociaux n’ont qu’un seul objet : Donner l’image d’un personnage dynamique, présent sur tous les fronts et masquer un immobilisme notoire dans la gestion de la ville.

 

Ses détracteurs ont-ils tort ?

 

 

  Immédiatement après les élections, 

  Monsieur Lionel SAUGUES, adjoint

  au commerce, a pris les devants sur les

  réseaux sociaux et a enfumé à bon

  compte.

  Dans un premier temps, il s’est jeté

  bec et ongle dans un projet qui ne

  présentait aucun intérêt pour le

  développement économique de la

  ville : faire la promotion des food

  trucks, cantines ambulantes qui ne peuvent que porter préjudice aux petites popotes de quartiers ou de zones ; ces petits cafés /restau qu’on a plaisir à fréquenter parce qu’ils ont encore une âme.

Puis il a rencontré son homologue nîmoise (Madame Sophie Roulle – architecte d’intérieur - photo) pour échanger sur le commerce des deux villes. Or, lorsque l’on sait que le commerce urbain de Nîmes est (presque) en plus mauvais état de santé que celui de Saint-Etienne (hormis les commerces implantés dans l’Ecusson (vieille ville)) on est en droit de se demander ce que Monsieur Saugues faisait dans cette ville. Peut-être des vacances aux frais de la princesse… ?

 

Par la suite, mais très vite, accompagné de son inséparable copine, la ravissante Caroline Montagnier, il a rendu visite à tous les estancos de la ville et occupé le reste de son temps à faire la promo des dits estancos sur sa page Facebook.

Deux élus municipaux pour ça, c’est un peu dur à avaler, mais ça enfume.

 

Bref, dans cette période de rodage, on peut imaginer que l’enfumage de Monsieur Lionel Saugues déplaisait à Monsieur Gaël Perdriau puisque, du jour au lendemain, l’adjoint au commerce a singulièrement baissé la voilure sur les réseaux sociaux.

Idem pour les autres élus qui tentaient de tirer la couverture de l’enfumage pour se porter en avant.

 

Depuis cette époque post élection, Monsieur Perdriau est le seul à se manifester au quotidien. Il le fait au jour le jour. Il est le seul enfumeur municipal. L’enfumeur officiel.

Mais voyons plutôt un exemple de post signé Gael Perdriau pris il y a quelques semaines sur Facebook. Il a été pris totalement au hasard :

 

« Un petit air frais accompagnait les premiers rayons de soleil sur notre ville ce matin. Avant de me rendre en mairie pour avancer quelques dossiers, je suis allé saluer les cantonniers et autres employés municipaux affairés à la propreté de notre ville. Je pense qu'il faudra accentuer notre politique de verbalisation pour un meilleur respect de l'espace public par tous. À l'Etivalliere, j'ai salué nos gardiens de stades qui assurent l'accueil des sportifs, du public et l'entretien des installations. L'occasion aussi pour supporter nos petits stéphanois qui jouaient ce matin contre La Ricamarie. Autre plaisir matinal en ce dimanche matin, celui d'arpenter les allées du marché. C'est à Carnot que j'ai choisi de m'arrêter ce matin. Une occasion supplémentaire de discuter à bâtons rompus avec de nombreux stéphanois présents ce matin dans la ville. »

 

Vous m’accorderez que plus naïf et inutile n’est pas possible. Mais c’est ça l’enfumage. D’autant que l’auteur ou le nègre de Monsieur Perdriau a pris grand soin de préciser que tout ça se déroulait un dimanche matin. Eh oui, le seul message à retenir de ces quelques lignes de style enfantin était que le maire de Saint-Etienne bossait aussi le dimanche matin.

 

Et c’est comme ça, depuis que le 1er magistrat a repris sa communication en main, la seule (presque) autorisée quand il s’agit de parler de la ville. Bla – Blabla – Blablabla…

Il ne faut pas le cacher, « les abeilles » ont, au début de cette stratégie d’enfumage, frétillé abondamment du dard. Toute la cour populaire du nouveau maire « likait », probablement sans prendre soin de lire le post. Mais c’était le post du maire et les noms ou pseudos de ceux qui « likent » apparaissent en cliquant sur le petit pictogramme. Il était hors de question de ne pas figurer dans cette liste, sait-on jamais….

 

 

Il ne faut pas non plus exagérer ; les « likes » n’ont jamais vraiment dépassé 4 ou 500. Par rapport au nombre d’amis de Monsieur Perdriau, ça ne fait qu’un petit 10% de cireurs de pompes. Mais ça peut être suffisant pour entretenir une image (il ne faut pas négliger le bouche à oreille).

Aujourd’hui, les « j’aime » s’appauvrissent à la même vitesse que les « sans dents » et atteignent, en moyenne journalière, une centaine d’unités.

C’est peu mais le maire tient le cap.

 

Pourquoi ?

 

Simplement parce que, pendant qu’il enfume les stéphanois avec un « JE » surdimensionné, il ne parle plus des 200 promesses de sa campagne.

 

Un seau à glace sur la tête et les groupies s’enflamment.

Une balade à vélo, en short, et les strings ficelle sont mal menés.

Une course à pieds dans les rues de Saint-E et les jeunes filles vierges se pâment.

Quel Homme notre maire (avec un grand H) ! Youpiiii, l’électorat féminin est tombé sous le charme. Voilà une bonne chose de faite. Aux suivants.

 

Un coup de balai à l’opéra théâtre et les hommes envient l’édile pour ce bel exemple d’autorité.

L’ascension du Mézenc pour rejoindre son grand nouvel ami Laurent Wauquiez (ennemi juré de son ancien grand ami Monsieur Jean-François Copé) et les sympathisants UMP, UDI sont en admiration devant la clairvoyance d’un grand stratège.

Un petit coup d’engazonnement à prix fort dans le Chaudron et les « sportifs » sont conquis.

Des poignées de main à la pelle qui aux cantonniers qui aux jardiniers….et… Mince c’est raté ; ils se mettent en grève. Bon, après tout, on ne peut pas gagner à tous les coups.

 

Tout ça est bien ; c’est même très bien ; les relations publiques ont toujours été un outil de communication extrêmement puissant. Monsieur Perdriau le sait.

 

Le problème vient d’ailleurs.

 

Pendant que Monsieur Gaël Perdriau enfume à tout va, il ne se passe pas grand-chose à Saint-Etienne.

 

Les stéphanois et les stéphanoises, dans leur grande majorité, se moquent royalement des performances cyclistes ou des alliances dont on peut douter de leurs efficacité pour la collectivité. Ce qu’ils veulent c’est que leur ville change (en bien, autant que faire se peut). Ils attendent des ouvertures de commerces et d’entreprises sur leur territoire au lieu de comptabiliser les nombreuses fermetures ou les agrandissements de surfaces commerciales sur les communes voisines (Auchan, Décathlon..). Ils attendent des créations d’emplois (pas celles qui sont dans les tuyaux municipaux depuis quelques années, type le marchand de morceaux de poulet qui devrait s’installer dansle quartier de Méons). Ils attendent que l’insécurité dans la ville baisse puis disparaisse. Ils attendent de pouvoir pratiquer la ville en voiture, dans de meilleures conditions (stationnement inclus).

 

Bref, les stéphanois et les stéphanoises attendent la concrétisation de ce programme qu’on leur a vendu au printemps 2014 et qu’ils ne voient pas arriver.

 

200 engagements, 2 ou 3 tenus en 10 mois….ça laisse perplexe.

Mais tant que l’enfumage fonctionnera il n’y aura pas péril en la demeure.

 

 

 

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