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ADMINISTRATEUR Administrateur
Ne le : 14/08/1955

La disgrâce et l'infirmité de Copé

Derniere edition le : 20/11/2013

 
 

Qu'est-ce qui en lui, qu'est-ce qui chez lui agace tant les Français, gauche et droite réunies, toutes classes sociales mêlées, toute sensibilités culturelles confondues?

 

Il devrait être ultra-populaire, au top, au zénith des sondages. Chef de l'UMP, en principe le grand parti de la droite républicaine, la logique politique la plus élémentaire voudrait qu'il profite de l'écroulement du pouvoir socialiste, du ras-le-bol fiscal qui électrise les Français, des incohérences à répétition de François Hollande et du gouvernement Ayrault, de la nullité crasse du premier secrétaire du PS, Harlem Désir, qui affaiblit la gauche toute entière.

Un débutant du journalisme n'éprouverait  aucune difficulté à allonger quasiment à l'infini cette addition des contradictions, des erreurs, des impairs, des bourdes, des mensonges, des trahisons, etc.

 

Or, il n'en est rien. Les Français persistent à exécrer Jean-François Copé. C'est ce que confirme le week-end dernier un sondage BVA pour le Parisien: 76% d'entre eux persistent à ne pas le supporter, pourcentage rarement, si ce n'est jamais, atteint pour un leader politique d'envergure nationale appartenant sans conteste possible au camp républicain. Il y a donc un problème Copé tout a fait particulier, une affaire Copé dont il faut essayer de comprendre les ressorts.  

 

Qu'est-ce qui en lui, qu'est-ce qui chez lui agace tant les Français, gauche et droite réunies, toutes classes sociales mêlées, toute sensibilités culturelles confondues? Alors, tentatives d'explications.

 

Dans l'esprit public, Copé serait, d'abord et avant tout, l'incarnation en politique de la...triche! Le fardeau serait bien lourd, trop lourd, à porter pour qui ce soit. Mais c'est lui qui en a hérité, et pour quelque temps encore, jusqu’au prochain méga-scandale. Car l'élection du président de l'UMP fut précisément un méga-scandale entretenu à satiété par l'information continue. Jusqu’à l'écœurement des Français contre Copé, et non pas contre Fillon.

 

Voilà ce que Jean-François Copé n'avait pas compris et anticipé : l'information continue, le couple infernal chaines télé d'infos-sites d'infos ne le lâcheraient pas, ne le lâcheraient plus. Oui, il a triché, triché à dose industrielle, bien plus que le pauvre Fillon, un amateur sur ce terrain. Eh bien, le système que l'on peut estimer pervers - de l'info continue l'a dénoncé à tous les Français. En boucle, sans répit, sans relâche, une traque, une chasse à l'homme au prétexte et à l'aide de l'info. Ca a marché : ce système a mis le tricheur a poil. Quelques mois plus tard, il l'est toujours, à poil. Privé de ressource et de ressort.

 

Pour reprendre pied, Copé a voulu croire que prendre définitivement le contrôle de l'appareil UMP était autrement plus  capital que l'effet de disgrâce dont il est accablé. Une fois encore, il s'est égaré. Car la puissance de l'image négative, ultra négative pour le coup, emporte tout sur son passage, dévaste sur le champ chaque tentative de restauration, d'amélioration, de reprise en main de cette fameuse image mise en charpie. La démonstration par le cheminement de François Fillon.

 

En quelques semaines de septembre octobre, Jean-François avait été "recentré" sur l'échiquier politique. Grâce à la radicalisation droitière aussi inexpliquée qu'inexplicable du gaullo-seguiniste François Fillon. Une offrande inespérée puisque l'ex-Premier ministre, comme prévu, a aussitôt plongé dans les sondages. Mais voilà: Copé, lui, n'en a pas profité. Dépassé sur sa droite par Fillon, il n'a rien récupéré chez les modérés et les centristes de droite. Rien, pas le moindre début de recrédibilisation. Ils leur suffisaient pourtant d'écouter et d'entendre Fillon pour aussitôt se détourner de Fillon. Ils l'ont d'ailleurs fait, mais certainement pas au profit de Copé.

C'est dire si son image est altérée. Altérée a jamais?

 

Ne jamais dire « jamais » en politique, voila ce qui est enseigné à Sciences Po et dans Le Monde Alain Duhamel et quelques autres. D'accord, prudence... Mais dans ce cas précis là? Copé sera-t-il un jour en mesure de se redresser, puis de se relever? Rien n'est moins sûr. Car, après la triche, l'incohérence ne lui fait pas peur.

 

Il aurait du utiliser l'ultra droitisation de Fillon pour choisir de trôner au centre de l'UMP et de la droite, se rapprocher de Juppé et de Bertrand plutôt que de s'afficher (ce n'est qu'une illustration) avec Nadine Morano. Il est incapable de s'en tenir à ce positionnement, en réalité le seul possible pour (espérer) rebondir et, ensuite, revenir. La preuve par la polémique droit du sol-droit du sang.

 

Accélérant sa course au suicide moral et politique, François Fillon remet en cause l'acquisition de la nationalité française par le droit du sol, s'alignant grosso modo sur l'un des engagements "historiques" du Front National de Jean-Marie Le Pen, engagement nullement remis en cause par le Front National de Marine Le Pen. Passons sur cet aspect de la dérive Fillon, ce n'est pas le propos.  

On s'attend donc a ce que Copé, tout à son recentrage, le cogne comme un sourd, qu'il prenne ses distances, qu'il en profite pour éloigner, ne serait-ce qu'un peu, le spectre de l'ultra droitisation, qu'il abandonne a Fillon ce mistigri de la discorde, de la division, de la machine a perdre pour la droite républicaine. Et Copé de ne pas saisir cette chance inespérée. Etrange...

Il se « contente » de faire du...sous Fillon, suggérant de retoucher un aspect particulier du droit du sol (ne pas accorder automatiquement la nationalité française aux enfants nés en France d'immigrés entrés clandestinement sur le sol national). Encore raté et sur ce, le sondage accablant du Parisien...  

 

Sans doute Copé s'est-il égaré sur les raisons véritables de la détestation qu'il provoque. Et nous aussi! Il est probable que l'épisode de la triche à l'UMP n'a fait qu'accélérer ce dévissage sans fin, mais il n'est pas primordial. L'essentiel, ce que les Français ne supportent pas au premier chef,  c'est sans aucun doute cette absence de convictions réelles et profondes, cette absence, ce trou béant qu'il vient une nouvelle fois de laisser apparaître à l'occasion de cette récente affaire du droit du sol droit du sang. Copé laisse cette impression terrible, destructrice de ne rien penser. Copé se conduit comme s'il ne croyait rien et en rien. Copé se contente d'exprimer ce qu'il estime au moment X être l'air du temps. Cette image ultra négative ne peut pas être tout à fait exacte. Mais cette infirmité de la parole crédible le tue à petit feu. Lui est-il encore possible de réagir, de montrer aux Français, s'il existe, l'autre Copé? Fillon et les autres pensent que non.

 

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